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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 22:57

 

Diane Abus au jeu de paume

du 18 octobre 2011 au 05 février 2012

 







 

, photographe écorchée

Les corps et des visages étranges, des visions qui dérangent. Chaque photo de Diane Arbus semble happée par ses personnages. Le Jeu de Paume, à Paris, consacre une rétrospective à la photographe américaine.


Sans titre (6) 1970–71. © The Estate of Diane Arbus

 

Allez savoir comment elle s'y est prise. Cette fois encore, Diane Arbus a réussi à convaincre un homme de la laisser entrer dans sa chambre d'hôtel, à New York, pour un portrait. A première vue, ce cliché de 1961 n'a pas grand intérêt. A y regarder de plus près, c'est un monstre qui apparaît sous les traits de cet inconnu : ses pieds sont à l'envers, tournés vers le dos. L'image provoque le malaise. Comme toutes celles que la photographe réalise sur les phénomènes de foire – homme percé d'épingles, femme « sans tête », musclors tatoués – et les exclus de toutes sortes – drag-queens, travestis ou fou errant torse nu. Diane Arbus a le don pour jeter le trouble sur l'identité d'un modèle.

 

 

<p><strong>Enfant avec une grenade en plastique dans Central Park, New York 1962</strong>.  © The Estate of Diane Arbus</p>

Enfant avec une grenade en plastique dans Central Park, New York 1962.  © The Estate of Diane Arbus

 

« Je suis née en haut de l'échelle sociale, dans la bourgeoisie respectable, mais, depuis, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour dégringoler », confiait-elle. Elle voit en effet le jour, en mars 1923, sous le nom de Nemerov, dans une riche famille juive, propriétaire du grand magasin de mode Russeks, sur la Cinquième Avenue, à New York. Son frère Howard (futur écrivain et poète), sa petite sœur et elle gran­dissent dans le quartier huppé de Central Park ouest, entourés de ­domestiques. A 14 ans, Diane tombe amoureuse d'Allan Arbus ; elle se marie avec lui quatre ans plus tard, malgré l'hostilité de ses parents pour cette union avec un petit photographe sans fortune.

Le jeune couple mange de la vache enragée, crée un studio de photos de pub et de mode, et réussit à se faire un nom en signant des couvertures pour les magazines Glamour ou Vogue. Mais la seule véritable préoccupation de Diane Arbus reste son époux, devant lequel elle est pétrie d'admiration, et ses deux filles, Doon et Amy.

 

<p><strong>Couple d’adolescents à Hudson Street, New York 1963.</strong> © The Estate of Diane Arbus</p>

Couple d’adolescents à Hudson Street, New York 1963. © The Estate of Diane Arbus

 

C'est à 38 ans seulement, après qu'Allan l'a quittée pour une actrice, qu'elle décide de se consacrer entièrement à son œuvre. Six ans plus tard, en 1967, trente de ses tirages sont présentés au musée d'Art moderne de New York (MoMA) à côté des autoportraits de Lee Friedlander et des scènes de rue de Garry Winogrand, dans une exposition devenue mythique, « New Documents ». Les trois artistes changent la conception de l'image documentaire : « Leurs prédécesseurs se mettaient au service d'une cause sociale. Ils voulaient montrer ce qui n'allait pas et persuader les autres d'agir pour y remédier. Le but de ces jeunes photographes n'est pas de réformer la réalité, mais de la connaître », écrit alors avec justesse John Szarkowski, conservateur au MoMA.

Ils sont trois, mais c'est Diane Arbus qui fait l'événement et devient aussitôt célèbre, grâce à ses images de freaks, mais également pour sa ­façon très particulière de photo­graphier de petites jumelles. Les gamines sont la copie conforme l'une de l'autre. Debout bien droites, soudées comme des siamoises, apprêtées à l'identique, même expression neutre des visages, elles deviennent devant l'objectif du Rolleiflex aussi différentes que peuvent l'être l'eau et le feu. L'effet est magique. Car l'obsession de Diane Arbus est de révéler la singularité de chaque être au-delà de son apparence. Tout en brouillant, avec une certaine perversité, la frontière entre l'équilibre mental et la folie, le féminin et le masculin, la normalité et l'anormalité. Sa technique et ses choix esthétiques sont cohérents avec son projet : le format carré de ses images en noir et blanc semble emprisonner ses modèles. Aucune échappatoire n'est possible. D'autant qu'elle les saisit au flash, parfois à bout portant, les foudroyant en un instantané, comme saisis en plein vol. Expressions stupéfaites, gestes, grimaces trahissent des drames enfouis, des désirs cachés.

 

<p><strong>Jeune homme en bigoudis chez lui, 20e Rue, N.Y.C. 1966</strong>. © The Estate of Diane Arbus</p>

Jeune homme en bigoudis chez lui, 20e Rue, N.Y.C. 1966. © The Estate of Diane Arbus

 

A ses débuts, sujette à la dépression, doutant de tout, Diane Arbus s'était inscrite à la New School, au cours de Lisette Model, photographe réputée pour ses portraits grotesques de pauvres, de vieillards ou de cette femme énorme, en mail­lot de bain, échouée comme une baleine sur la plage de Coney Island. Model la pousse à s'approcher au plus près de l'inconnu, de l'étrange. Du tabou, de l'interdit. De tout ce qui lui fait peur. A casser la distance avec ses modèles.

Diane Arbus a retenu la leçon. Sa proximité devient telle, avec ses sujets, qu'elle semble s'identifier corps et âme à ce jeune homme en bigoudis au regard égaré. Ou à cette vieille dame à la peau flétrie, au « chapeau rose », comme l'indique la légende. En de très rares occasions, elle prend le bus pour un camp de nudistes du New Jersey ou pour photographier un hermaphrodite dans le Maryland. Mais son terrain de chasse favori – son ami Walker Evans l'appelait à juste titre « Diane, la chasseresse » – reste New York, de Central Park aux bas-fonds. Quand un visage l'arrête, elle s'exclame : « Oh, comme vous êtes magnifique ! Puis-je vous photographier ? » et s'invite immanquablement chez son modèle. En 1968, elle raconte en quatre clichés une histoire incroyable : la métamorphose de Catherine Bruce en Bruce Catherine. On voit d'abord une femme ­coquette, assise sur un banc. On la retrouve ensuite chez elle, en sous-vêtements. Perruque enlevée, on découvre sur la troisième image que c'est un homme. Qui finit par poser en costume et cheveux courts, totalement méconnaissable.

 

<p><strong>Jumelles identiques, Roselle, N.J. 1967</strong>. © The Estate of Diane Arbus</p>

Jumelles identiques, Roselle, N.J. 1967. © The Estate of Diane Arbus

 

En 1971, Diane Arbus réussit à convaincre Germaine Greer de se laisser photographier dans sa chambre d'hôtel. La féministe, auteur du best-seller La Femme eunuque, tombe aussitôt sous le charme de celle qui lui apparaît « en petite fille délicate, douce comme un pétale de rose. Je n'ai pas pu lui donner d'âge, mais elle m'a charmée avec sa saharienne et sa coupe à la garçonne. Elle trimballait un sac de matériel tellement énorme que j'ai failli lui proposer de l'aider. » Diane Arbus a alors 48 ans, et il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Elle demande à son modèle de s'allonger et, « brusquement, se souvient Greer, elle s'est agenouillée sur le lit en plaçant son objectif juste au-dessus de mon visage et a commencé à prendre en gros plan mes pores et mes rides ! Elle me posait des questions très personnelles et là, j'ai compris qu'elle ne déclenchait que lorsqu'elle voyait sur mon visage des signes de tension, d'inquiétude ou d'agacement (1) . »

<p><strong>Arbre de Noël dans un living-room à Levittown, Long Island, N.Y. 1963</strong>. © The Estate of Diane Arbus</p>

Arbre de Noël dans un living-room à Levittown, Long Island, N.Y. 1963. © The Estate of Diane Arbus

 

Diane Arbus s'est souvent dite prête à tout, « à perdre [sa] réputation ou [sa] vertu, ou tout au moins ce qu'il en reste, pour une bonne photo ». Quitte à prendre des risques insensés. Elle racontait qu'elle couchait fréquemment avec ses modèles – un marin rencontré dans un bus, un Portoricain croisé dans une rue, un nain, un couple de nudistes. Longtemps, ce comportement, qui éclaire la forte intimité qu'on ressent face à certaines images, a été tenu secret par sa fille Doon. En 2003, cette dernière dévoile la personnalité complexe de sa mère lors d'une rétrospective, « Diane Arbus Revelations », présentée dans le monde entier sauf en France. Sur une planche-contact, on découvre ainsi un couple – un Noir et une Blanche – s'embrassant et se caressant sur un canapé. Sur l'une des douze images, Diane ­Arbus prend la place de la femme, et s'allonge, nue, sur les genoux de l'homme. Ainsi, bien avant Nan Goldin, elle photographia des couples, parfois deux femmes, faisant l'amour, et fut une véritable pionnière dans l'exploration de l'intime, un thème majeur de la photographie contemporaine.
<p><strong>Jeune homme au canotier attendant de défiler en faveur de la guerre, N.Y.C. 1967</strong>. © The Estate of Diane Arbus</p>

Jeune homme au canotier attendant de défiler en faveur de la guerre, N.Y.C. 1967. © The Estate of Diane Arbus

 

Rarement exposée en France, Diane Arbus, portraitiste exceptionnelle, est aujourd'hui célébrée au Jeu de Paume. Les deux cents images présentées racontent son histoire. Sur la première, datée de 1945 – un autoportrait –, elle pose nue avec grâce et pudeur devant une glace, les seins gonflés par sa grossesse. Une femme comblée. Les dernières, réalisées dans un asile d'aliénés, peu avant son suicide, le 26 juillet 1971, flirtent avec la folie. Des trisomiques masqués et grimés dansent une farandole grotesque sur une planète qui n'est plus la nôtre. Diane avait traversé le miroir, et plus aucun retour n'était possible.

Luc Desbenoit

Télérama n° 3221

 

Jeu de Paume

1 place de la Concorde
75008 Paris

Mardi de 12h à 21h
Du mercredi au vendredi de 12h à 19h
Samedi et Dimanche de 10h à 19h
Fermeture le lundi
Tél. 01 47 03 12 50

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 14:08

 

Des portraits « père et fils »

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sont exposés au Forum des Images,

niveau -3 du Forum des Halles, jusqu’au 10 Avril.

A partir du 10 mars et jusqu’au 10 avril, 36 portraits (tirés en très grand format) prendront possession du Forum des Halles (niveau -3) dans un parcours photographique allant de la Place Basse à l’UGC, en passant par la Place Carré et la Rue du Cinéma.

 

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Grégoire Korganow expose au Forum des Halles sa série de photographies intitulée "Père et Fils". Melty.fr a été au vernissage pour découvrir ces fantastiques clichés qui sont justement loin d'être un cliché.

C'est dérangeant et c'est beau. La relation qu'entretiennent les pères et les fils ne fait pas souvent l'objet d'une exposition de photographie. Encore moins, quand les gens qui posent sont nus. Le corps à corps est dérangeant, surtout dans un espace aussi concouru et populaire comme le Forum des Halles, le même endroit qui avait été illuminé par Samuel Le Bihan. Tout dans cette exposition est surprenant, du concept jusqu'à l'endroit de l'exposition. Il s'agit de 36 portraits de pères avec leurs fils, ils s'enlacent, ils se touchent. C'est la relation père et fils vu d'un angle complètement original. Comme plusieurs invités au vernissage me l'ont expliqué, la nudité ainsi que le rapport aussi physique de deux hommes "n'est pas dans notre culture occidentale". Vous aurez peut-être déjà vu des photos d'une mère et d'une fille toutes nues, c'est esthétique et artistique, beaucoup plus acceptable aussi à nos yeux. Car la nudité féminine est presque partout, y compris dans nos métros parisiens. Mais quand il s'agit du corps masculin, dépouillé de tout habit, alors là c'est beaucoup plus délicat.

 Le lien très intime entre les pères et les fils est exploré dans cette exposition.


Melty.fr vous présente l'exposition "Père et Fils" ! - Grégoire Korganow, le photographe nous a expliqué son choix du Forum des Images pour exposer.Grégoire Korganow, le photographe


Cliquer ici pour voir l'exposition sur internet

 

Cliquer ici pour voir la video de l'exposition (puis cliquer sur " Accéder à Facebook.com ")

 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 09:07

 

Voici un message de Marie Musset, une élève de l'école :

 

La Compagnie Lalasonge  

a le plaisir de présenter sa dernière création "Gaetano" 

à Paris au théâtre de La Reine Blanche* dans le 18ème  

les 6, 8, 9, 10, 13, 14, 15, 17 AVRIL (le soir à 21h et le dimanche à 16h). 

 

 

 

 

Bande démo : http://vimeo.com/17799329

 

Un road-movie théâtral de Naples à Florence scandé par des chansons italiennes au rythme décapant.  Gaetano, jeune napolitain timide et maladroit décide de quitter sa famille pour courir le vaste monde. L’amour, la folie, la religion, le poids des traditions seront au rendez-vous de ce périple plein de vie qui croque avec humour l’Italie des années 80.  Cette comédie de mœurs pour sept comédiens et un musicien, se veut résolument optimiste même si elle pointe du doigt des sujets parfois épineux. L’espace scénique se découpe selon les lieux traversés et les situations vécues par un Gaetano en proie aux doutes, qui, au fil de son voyage, perd ses repères et fait de nous les témoins de cette histoire drôle, burlesque et tellement humaine.

 

La Compagnie Lalasonge a été créée en 2006 à l’initiative d’Annabelle Simon. Elle est composée pour la plupart de comédiens issus du Théâtre National de Strasbourg, de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre et de l’école du Studio d’Asnières.  Tous les spectacles de la Compagnie ont reçu le soutien du Conseil Général de Savoie.

Lien sur le site de la compagnie :  www.lalasonge.com

 

GAETANO a été joué à l'Espace Malraux à Chambéry, le 30 septembre et le 1er octobre dans le cadre du festival "Champ Libre" organisé par Jean-Paul Angot. Il a bénéficié du soutien du Conseil Général de Savoie, de la Ville de Fourneaux et du GRAC.

 

Vous pouvez d'ores et déjà réserver au :

01 40 05 06 96 ou sur internet  http://www.moxity.com/events/gaetano 

Plein tarif 18€ | Tarif réduit 13€ 


   

Nous espérons votre venue avec ardeur !

Bien chaleureusement,

Marie  

 *La Reine Blanche

2 Bis Passage Ruelle 75018 PARIS

Métro : La chapelle (l2) ou Marx Dormoy (l12)


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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 11:05

 

Morphopsychologie du sourire :

analyse de la personnalité par le sourire

 

  Morphopsychologie du sourire : conférence d'Estelle Vereeck

 

Conférence d'Estelle Vereeck à Paris organisée par

la Société Française de Morphopsychologie

 

De même que les traits du visage, le sourire révèle la personnalité dans ses aspects les plus profonds et les plus inconscients.
Au regard du langage des dents, les six dents du sourire sont notre interface avec le monde. Elles constituent le Faisceau de la manifestation.
Décrit en détails dans Les dents, temple de l'âme, ouvrage fondateur du langage des dents ou décodage dentaire, le Faisceau de la manifestation permet de tracer sa route et d'imprimer sa marque au monde extérieur. À la fois zone d’émission et de réception, les six dents du sourire sont une fenêtre ouverte sur l'univers qui nous entoure.
Au cours de cette conférence, nous allons découvrir comment les dents du sourire, par leurs caractéristiques (taille, forme, implantation, aspects), révèlent la manière de se montrer, d’échanger avec les autres et d’agir et comment elles représentent notre carte de visite dans ces trois domaines.

L'auteur

Chirurgien-dentiste ayant aujourd'hui cessé d'exercer pour se consacrer à la recherche et à l'écriture, Estelle Vereeck a créé et développé le Langage des dents qu'elle étudie depuis plus de vingt ans et qu'elle a fait connaître à travers de nombreux ouvrages.
Ses recherches sur le Langage des dents ont jeté les bases raisonnées de la morphopsychologie dentaire, domaine dans lequel elle est une pionnière.
Créatrice de l'analyse psychodentaire, Estelle Vereeck a mis au point une méthode d'analyse du sourire par la morphopsychologie dentaire. Elle donne des formations destinées aux professionnels sur demande.

 

 

Voici un article d'Estelle Vereeck (issue du site www.meditationfrance.com/archive/2007/0206.htm ) :

Symbolique dentaire, quand la bouche et les dents parlent de spiritualité

 

De la dent broyeuse à la dent spirituelle

Pour une majorité d’entre nous, bouche et dents n’évoquent que la fonction de mastication liée à la nutrition. Voir dans la dent un simple outil de mastication est très réducteur. Pourtant c’est cette fonction animale qui a conditionné de manière profonde notre perception de la dent. En effet, le mot dent vient de la racine ed qui signifie mâcher. La dent est d’abord vue comme une meule broyeuse, un instrument qui malaxe. Du moins est-ce la fonction que nous avons choisi de privilégier dans une vision matérialiste, extérieure ou animale. Les Hébreux voient bien autre chose dans ces fragments minéraux qui garnissent nos mâchoires. La lettre Shin a pour hiéroglyphe d’origine une dent, plus exactement une molaire dont elle reproduit les trois racines dirigées vers le haut, symbolisant ainsi la racine dans la tête, c’est à dire l’esprit. Shin, qui a donné shen la dent, représente l’esprit, le feu divin qui pénètre toute la création. Les hébreux étaient à ce point conscients de la puissance spirituelle liée aux dents que chez eux un édenté ne pouvaient devenir prêtre.

De tout temps, les dents ont été associées au pouvoir, à la force intérieure ou spirituelle. Dans l’Amérique précolombienne, les Mayas les limaient pour leur donner une forme particulière et y incrustaient des pierres (jade, pyrite, obsidienne). Ces ornements constituaient un code en rapport avec le rôle social ou spirituel du personnage qui les portait. On peut voir, aujourd’hui encore, au musée de Mexico les dents incrustées de disques de jade de l’empereur Maya. La dent a toujours été investie d’une haute valeur symbolique. On a retrouvé des colliers faits de défense de sanglier dans des tombes préhistoriques.

Plus proches de nous, les romains considéraient la bouche comme le vestibule de l’âme. Le rituel de la pièce d’or ou d’argent glissée dans la bouche du défunt sitôt après sa mort afin qu’il puisse s’acquitter de son obole auprès de Charon, le passeur des enfers, et ainsi gagner le séjour des âmes, atteste de la dimension symbolique qu’ils attribuaient à cette zone.

 

Un temple à redécouvrir

Si les Anciens avaient compris la haute valeur spirituelle de la bouche et des dents, nous, les modernes, avons malheureusement oublié cette dimension. Tandis que la science progressait, le sens sacré de nos dents s’est perdu. Pour beaucoup, la dent n’est plus que ce corps inerte, sorte de cailloux planté dans nos mâchoires, dont la fonction se limite à mâcher et qu’on livre par nécessité aux soins du dentiste. Et si nous étions passé à côté de l’essentiel ? Et si, forts de notre technicité, nous avions oublié que la bouche est un temple ? Un palais de cristal en vérité, dont les dents sont les piliers vivants. Microcosme reflet du macrocosme, la bouche est construite à l’image du monde qui nous entoure. Limité par les dents, l’espace buccal se structure dans une orientation ciel- terre. A la mâchoire du haut, la voûte du palais déploie son arc en ogive et forme le toit du temple qui est notre ciel intérieur. A la mâchoire inférieure, la partie basse de l’espace, fermée par un entrelacs de muscles, appelé “plancher de la bouche”, représente notre terre intérieure. Ainsi la bouche déploie en nous un espace construit dans la verticalité de l’axe ciel - terre. Dans cet espace intime et sacré, véritable écrin fermé par les dents, habite la langue, l’émanation du cœur chez les chinois, symbole du verbe fait chair, de la parole vivante.

Dans une géométrie parfaite, le temple qu’est la bouche matérialise la rencontre de notre ciel et de notre terre, de l’esprit et de la matière. Quant à nos dents, elles fonctionnent comme des capteurs d’énergie: célestes pour les dents de la mâchoire supérieure dont les racines s’orientent vers le haut comme des antennes; telluriques pour les dents de la mâchoire inférieure dont les racines pointent vers le bas comme de véritables prises de terre.

L’occlusion ou engrènement des dents matérialise l’union du couple intérieur, la rencontre des polarités et des dualités qui nous composent (ciel/terre, haut/bas, tête/corps, intellect/instinct, raison/émotions, etc.). La rencontre des deux mâchoires permet l’articulation de la parole, elle montre également comment les deux mondes ou polarités s’articulent en nous. L’harmonie occlusale traduit l’harmonie intérieure, présente lorsque le ciel épouse parfaitement la terre.

 

Un lieu d’initiation

Nous avons tout à apprendre d’un lieu comme celui-ci. Palais de cristal, la bouche résonne avec la pensée pure, la sphère des archétypes. Elle n’a pas d’équivalent dans le corps et les informations qu’elle porte ne se retrouvent nulle part ailleurs. Avant d’être une cavité qu’on remplit, elle est d’abord la caisse de résonance du Verbe. Seule la bouche humaine est conformée pour produire des sons articulés. L’animal, dont le palais est plat, ne le peut pas. Nommer, c’est créer. Au Jardin d’Eden, Adam est invité à nommer chaque créature que Dieu a formée. Seul capable de parler, l’homme est détenteur du pouvoir de création par le verbe. Le verbe ne peut résonner que dans un espace libéré de toute scorie. Les Égyptiens l’avaient bien compris: leurs prêtres étaient tenus de se laver la bouche plusieurs fois par jour. Plus encore que la crainte des caries, c’est ce qui devrait nous inciter à prendre soin de cette zone, afin que notre parole soit pure et limpide.

Au-delà de la parole et du verbe créateur, le temple de nos dents résonne avec la fonction la plus haute, la fonction spirituelle. Toute atteinte dentaire reflète une perte du sens de la vie, du sens de soi. Nos dents sont l’écran où se projettent les tourments de l’âme. Dans ce temple qu’est la bouche, chaque dent est un pilier qui possède une fonction et un sens bien précis. Aucune dent, fut-elle de sagesse, n’est superflue, chacune de nos trente-deux sculptures vivantes a sa place dans notre bouche et aucune, jamais, ne s’abîme par hasard ou par malchance. Chaque fois que l’équilibre en nous entre haut et bas, ciel et terre, esprit et matière, est rompu, la dent qui s’abîme pointe le problème. Carie, déchaussement, fracture, toutes ces atteintes ne sont rien d’autre qu’un cri du cœur, un appel de l’âme. Ainsi, développer des problèmes dentaires n’est peut-être pas la calamité qu’on croit mais le “privilège” de qui accepte, au moins inconsciemment, de s’entendre. Un temple, fut-il en parfait état, n’a pas de sens s’il reste vide. Le temple du verbe doit vibrer. Dans un tel écrin, un cri, fut-il de souffrance, est préférable à un silence de mort. Pour celui qui accepte l’initiation proposée (au sens étymologique de inire qui signifie “aller dans”), pour qui entre dans le temple de la bouche, le cri vital devient celui de la naissance à soi-même.

Tout problème dentaire est une invitation à s’habiter davantage, à pénétrer un peu plus au cœur de soi. La dent qui nous interpelle n’est rien d’autre qu’un appel de l’âme. Si nous y répondons en conscience, avec soin et amour, le travail proposé par la dent donne l’opportunité d’être un peu plus enraciné et présent à soi-même. Un peu plus vivant en somme. La cathédrale dentaire redevient alors ce qu’elle n’a jamais cessé d’être: le temple de l’âme.


livre

Son dernier livre “Les dents, temple de l’âme” fait découvrir combien précieuse est notre bouche, combien elle est une structure spécifique et peut-être la plus évoluée du corps. Notre bouche nous parle de spiritualité!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Informations pratiques

Lieu : salle des 3 consuls - 4 place St Germain des Prés 75006
Date : vendredi 19 novembre de 17 heures à 19 heures
Participation financière : 10 euros à régler sur place par chèque exclusivement à l'ordre de la SFM, gratuit pour les membres de la SFM.

 

 


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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 10:37

 

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« Le visage, miroir de l’âme »


Le visage est-ce que l’on montre, ce que l’on présente à la vue d’autrui ? Il permet de communiquer ses émotions, d’être identifié par les autres. Il est le reflet de l’âme.
Cent oeuvres d’art classique et d’arts premiers - richesse de couleurs, diversité de matières, originalité de formes – venues d’Afrique, d’Occident, d’Orient, d’Amérique, du monde océanien en sont l’illustration, témoignant de ce que le visage est, depuis toujours, la marque première de la singularité de l’Homme, au coeur de ses préoccupations essentielles.
Le sculpteur Mauro Corda et le photographe Patrick de Wilde en sont l’expression contemporaine.
Dépassant le cadre intra-muros du Réfectoire des Cordeliers, les portraits d’hommes, de femmes, d’enfants, de vieillards de Patrick de Wilde, ces visages au naturel, ces visages parés, offrent à chacun, sur les grilles de la Présidence de l’Université Paris Descartes, avec le concours de l’UNESCO, une redécouverte de ses propres perceptions.

(Texte d'un site présentant cette exposition)

 

Programme :

 

Une exposition du 18 octobre au 09 novembre 2010

Une conférence le 26 octobre : Faces, masques et visages

Une conférence le 02 novembre : Faire faces

 

Cliquez sur ce lien : Exposition " Le visage dans tous ses états "  pour accéder au site officiel et obtenir tous les détails de cette belle rencontre.

 

Merci à Marie-Françoise pour cette info

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Présentation

  • : Blog de l'école de la Société Française de Morphopsychologie
  • : Blog favorisant l'interactivité entre les étudiants en morphopsychologie et l'école, ainsi qu'auprès de la Société Française de Morphopsychologie.
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Code de déontologie


logo sfmLes Membres diplômés de la SFM s’engagent à observer en toute occasion les règles essentielles de déontologie qu’exige nécessairement leur qualité de morphopsychologue.

Dans la pratique individuelle, ils se doivent de respecter la personnalité des individualités qu’ils étudient, s’interdisant absolument de réaliser une étude morphopsychologique à l’insu de la personne concernée, ne devant intervenir qu’à sa demande ou avec son accord. Ils doivent d’autre part veiller à toujours formuler leur appréciation en termes clairs, appréciation qui ne doit pas se résumer à des remarques critiques mais qui puisse être perçue par le sujet comme une aide et un témoignage de compréhension profonde.

Ils sont soumis à la règle du secret professionnel le plus absolu. La publication ou la communication, à des tiers, d’une étude ne peut se faire qu’avec l’accord de la personne concernée. Conscients de la portée de leur savoir, ils doivent adopter une attitude de réserve et se garder de tout abus.
 
Ils s’engagent à poursuivre leur perfectionnement, à titre personnel et/ou professionnel par tous les moyens appropriés.
Dans leurs relations publiques, ils se doivent de veiller au maintien du niveau scientifique atteint par la morphopsychologie et se référer toujours, dans les exposés écrits ou verbaux qu’ils en font, à l’enseignement du Dr CORMAN et à la SFM dont ils sont diplômés.

Ils sont responsables de l’image qu’ils donnent de la morphopsychologie au public et plus particulièrement aux médias, devant notamment refuser leur collaboration à toutes publications ou émissions qui ne donnent pas une suffisante garantie de sérieux en raison de leurs objectifs, de leur niveau et du public recherché.
La SFM ne peut en aucun cas être engagée sans son accord par ses membres.

L’exclusion d’un membre diplômé de la SFM peut être demandée par le Président ou l’un des membres du Conseil d’Administration, s’il est établi que ce membre a gravement contrevenu à ces règles.

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